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Electrophorèse des protéines


Source : www.labtestsonline.fr

L’électrophorèse des protéines est une méthode de séparation des protéines présentes dans le sang (sérum) ou les urines. Pendant le test, un courant électrique déplace les protéines à travers une fine couche de gel d’agarose (ou d’acétate de cellulose). La distance de déplacement de chacune des protéines dépend de sa taille, de sa forme et de sa charge électrique. Les protéines séparées peuvent être détectées par l’emploi d’un colorant qui se lie à toutes les protéines et révèle un profil caractéristique de bandes colorées. Chaque bande indique la présence d’une protéine particulière (ou d’un groupe de protéines ayant des caractéristiques proches); la largeur et l’intensité de la coloration de la bande donnent une indication sur la quantité. Ce profil de bandes est converti en un graphique qui montre des pics verticaux très élevés où l’on trouve beaucoup de protéines, des pics plus petits où il y en a moins et des vallées où il y en a très peu. Chaque pic présente une position caractéristique de son contenu en protéines. Une nouvelle méthode appelée « Electrophorèse capillaire de zone ou CZE » sépare les protéines en les faisant migrer sous l’effet d’un champ électrique, dans un tube capillaire (colonne longue et fine) et produit un graphe similaire à celui obtenu à partir de la séparation sur gel d’agarose.


But de l'examen 

Cet examen permet de contribuer au diagnostic et suivre l’évolution d’un myélome multiple et de nombreuses autres affections concernant l’absorption, la production, l’élimination ou les fuites des protéines du sérum, comme on peut en rencontrer dans des maladies sévères touchant divers organes et dans des états de dénutrition.
Cet examen est nécessaire lorsque vous présentez une concentration sanguine anormale de protéines totales ou d’albumine ou si votre médecin suspecte que vous souffrez de pathologies qui affectent les concentrations des protéines dans le sang et/ou sont la cause de fuite de protéines (par exemple dans les urines ou dans l’intestin).


Prélèvement  

L’échantillon sanguin est prélevé par ponction veineuse au pli du coude sur un tube sec. Parfois un échantillon d’urines ou les urines de 24 heures.
 

Prescription  

L’électrophorèse est utilisée pour mettre en évidence des protéines anormales et identifier des groupes de protéines augmentées ou diminuées dans le sérum ou les urines. Elle est fréquemment utilisée pour détecter et caractériser des protéines monoclonales (un excès de production d’un type particulier et spécifique d’immunoglobulines). L’électrophorèse des protéines du sérum et l’immunofixation (IFE) sont utiles au diagnostic et au suivi évolutif spontané ou sous traitement, de maladies associées à ces anomalies touchant les protéines du sérum, comme le myélome multiple ou d’autres maladies du même genre. Elle sert aussi à mettre en évidence un phénomène inflammatoire par l’augmentation de fractions alpha et bêta, ou encore un profil caractéristique de la cirrhosedu foie avec la fusion des fractions bêta et gamma (bloc ßg). Elle peut aussi mettre en évidence des déficits (souvent héréditaires) de la production de certaines protéines (déficit en alpha1-antitrypsine, en haptoglobine, en albumine…).
A l’état normal, on ne retrouve que très peu de protéines dans les urines, mais si on en détecte, que ce soit en quantité modérée ou importante, c’est qu’il y a un problème au niveau des reins. L’électrophorèse des protéines urinaires peut permettre d’identifier la cause et de juger de la sévérité de la maladie rénale. Cette maladie peut être liée à un diabète, une maladie chronique inflammatoire, parfois d’origine autoimmune, une infection bactérienne, un cancer des reins ou des voies urinaires (tumeurs de la vessie). D’ordinaire, l’analyse électrophorétique n’est pas nécessaire pour vérifier la perte rénale de protéines reliée à des affections temporaires comme les infections et l’inflammation aiguë. Elle prend toute son importance pour juger de la gravité des maladies chroniques du rein et de leur évolution. Une autre utilisation importante est la recherche d’immunoglobulines dans les urines, en particulier au cours du myélome multiple où l’immunoglobuline produite en excès dans le sérum peut être retrouvée dans les urines (et caractérisée par immunofixation); parfois, on ne la retrouve que dans les urines. Plus fréquemment, au cours de ces maladies, on retrouve dans les urines, la protéine de Bence-Jones qui constitue une fraction de l'immunoglobuline (la chaîne légère) produite en excès, et qui par à cause de sa taille, passe aisément dans l’urine (normalement, les anticorps sont formés de quatre chaînes, deux identiques appelées chaînes lourdes et deux autres identiques appelées chaînes légères). Parfois, dans le myélome multiple, ou dans des maladies apparentées, seules les chaînes légères sont produites et on peut les identifier par immunofixation dans le sérum et l’urine.
 

Interprétation du résultat 

L’électrophorèse des protéines et l’immunofixation donnent à votre médecin une bonne estimation de la présence de chacune des protéines du sérum. La valeur de chaque protéine se retrouve dans le profil regroupant l’ensemble des protéines du sérum et séparées par électrophorèse; à partir de ce profil on peut créer un graphe. L’intérêt de l’immunofixation se trouve dans l’identification d’un type particulier d’immunoglobuline.
Voici des exemples de situations ou de maladies qui peuvent être associées à des augmentations ou des diminutions des protéines du sérum:
Albumine: 
- diminuée dans la malnutrition protéique, les malabsorptions intestinales, la grossesse, certaines maladies rénales (en particulier le syndrome néphrotique), ou hépatiques (cirrhose ou cancer du foie), le syndrome inflammatoire, les fuites  (digestives, cutanées, urinaires) en protéines…
- augmentée dans les déshydratations
Alpha-1 globulines:
- diminuées dans l’emphysème (déficit en alpha1-antitrypsine, une maladie congénitale rare), les maladies du foie sévères…
- augmentées dans les maladies inflammatoires aiguës ou chroniques
Alpha-2 globulines:
- diminuées dans l’hyperthyroïdie et les maladies du foie sévères,
- augmentées dans les maladies inflammatoires aiguës ou chroniques et le syndrome néphrotique
Bêta-globulines:
- diminuées dans la malnutrition
- augmentées dans la cirrhose (bloc ßg), l’hyperlipémie (augmentation du cholestérol et des triglycérides) et quelques cas de myélomes multiples ou maladies apparentées
Gamma-globulines:
- diminuées dans des désordres immunitaires variés et des déficits immunitaires secondaires
- augmentées et polyclonales dans des maladies inflammatoires chroniques, la polyarthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux disséminé, une immunisation récente; augmentées et monoclonales dans le myélome multiple (maladie de Kahler), la macroglobulinémie de Waldenström, les gammapathies monoclonales de signification indéterminée…
 

Compléments d’information 

 
Dans les six premiers mois suivant une immunisation, les immunoglobulines peuvent être augmentées ainsi qu’au cours des traitements par la phénytoïne (Dilantin), le procaïnamide, les contraceptifs oraux, la méthadone et les immunoglobulines thérapeutiques.
Par ailleurs, l’aspirine, les bicarbonates, la chlorpromazine, les corticostéroïdes et la néomycine peuvent altérer les résultats de l’électrophorèse des protéines.