EXALAB Biologie médicale

Laboratoires de biologie médicale a Bordeaux et en Gironde

Exalab Laboratoires > Patients > Analyses > Prolactine

Prolactine


Source : www.labtestsonline.fr

La prolactine est une hormone produite par l'hypophyse antérieure, petite glande située à la base du cerveau. La sécrétion de la prolactine est régulée, majoritairement, par la dopamine (neuromédiateur hypothalamique). Elle est normalement présente en faible quantité chez les hommes et chez les femmes en dehors de la grossesse. Son rôle principal est de provoquer et d’entretenir la lactation (production de lait maternel).
La concentration sanguine de prolactine est élevée pendant la grossesse et juste après l’accouchement. Pendant la grossesse, la prolactine, avec les œstrogènes et la progestérone, stimule le développement mammaire. Après l'accouchement, la prolactine intervient dans l’initiation et le maintien de la sécrétion du lait maternel. Si la femme n’allaite pas, la sécrétion de prolactine retrouve rapidement son niveau habituel. Lorsque la femme allaite, les tétées jouent un rôle important en stimulant la sécrétion de prolactine par l'hypophyse, contrôlant ainsi la quantité de lait produite. La sécrétion de prolactine reste élevée tant que la mère continue d'allaiter.
En dehors de la grossesse, la cause la plus courante d’hyperprolactinémie est l’adénome à prolactine, tumeur de l'hypophyse généralement bénigne, plus fréquente chez la femme mais possible chez l’homme.
Les troubles qui peuvent survenir sont dus - soit à la sécrétion excessive de prolactine: production de lait chez la femme en dehors de la grossesse (et parfois chez l’homme) – soit à la taille et à l'emplacement de la tumeur. Lorsque l'hypophyse et/ou la tumeur atteint une dimension importante, il existe un risque de compression du nerf optique, à l’origine de maux de tête et de troubles visuels. En outre, il est possible que la compression empêche la sécrétion des autres hormones hypophysaires. Chez la femme, l’hyperprolactinémie peut provoquer infertilité, irrégularités menstruelles et une altération de la libido. Chez l’homme comme chez la femme, l’hyperprolactinémie peut provoquer une altération progressive des fonctions sexuelles et de la libido. En l’absence de traitement, l’adénome à prolactine peut endommager à terme le tissu hypophysaire adjacent et provoquer une insuffisance hypophysaire, avec insuffisance gonadique, thyroïdienne et surrénalienne.
 

But de l'examen 

Cet examen permet de rechercher une augmentation de la sécrétion de prolactine le plus souvent; parfois une diminution.
Cet examen est nécessaire lorsqu’il existe des symptômes d’hyperprolactinémie, tels qu’une galactorrhée (production de lait en dehors de la grossesse) ou des troubles visuels associés à des maux de tête.
Dans le cadre de l'exploration d’une infertilité féminine ou masculine, ou d’un hypogonadisme masculin.
 

Prélèvement  

L'échantillon de sang est recueilli, le matin, par ponction veineuse au pli du coude.
 

Prescription  

Le dosage de la prolactine circulante est réalisé, avec d’autres analyses:
•  pour évaluer les sécrétions hypophysaires (avec les autres hormones hypophysaires);
•    pour diagnostiquer les adénomes à prolactine (tumeurs bénignes de l'hypophyse qui produisent de la prolactine);
•    pour suivre l’efficacité du traitement de l’adénome et en détecter les récidives;
•    pour déterminer la cause d’une galactorrhée;
•    dans l'exploration de maux de tête et de troubles visuels;
•    dans l’exploration d’une infertilité dans les deux sexes et de dysfonction érectile chez les hommes.
 Le dosage de la prolactine peut être prescrit lorsqu'un patient - homme ou femme- présente des symptômes d'hyperprolactinémie: galactorrhée, maux de tête inexpliqués ou troubles visuels. Il peut également être prescrit, accompagné d'autres analyses, lorsqu'une femme présente une infertilité ou des règles irrégulières; lorsqu'un homme présente des troubles sexuels, un hypogonadisme, une galactorrhée ou une infertilité.
Lorsqu'un patient  présente un adénome à prolactine, le dosage est utilisé pour surveiller la croissance de la tumeur et sa réponse au traitement.
Des dosages répétés à intervalles de temps réguliers peuvent également être prescrits pour évaluer le rythme de sécrétion de la prolactine.
Le dosage de prolactine peut être associé aux dosages d'autres hormones hypophysaires (GH, TSH, FSH, LH, ACTH) lorsqu’un hypopituitarisme (atteinte de l’hypophyse qui porte à la fois sur plusieurs hormones) est envisagé.
Le dosage de prolactine peut être indiqué dans la surveillance d’une situation qui peut affecter la production de dopamine (neuromédiateur qui contrôle la production de prolactine) en particulier lors de certains traitements médicamenteux.
 
 

Interprétation du résultat 


Les hommes et les femmes en dehors de la grossesse n’ont normalement que de faibles concentrations de prolactine dans le sang. Le dosage est interprété en fonction du moment de recueil de l'échantillon. En effet il existe des variations au cours de la journée (variations nycthémérales). Idéalement, l’échantillon de sang doit être prélevé quelques heures après le réveil, de préférence après 30 minutes de repos. La concentration sanguine de prolactine est élevée pendant la grossesse, et après l'accouchement tant que la mère allaite.

Une hyperprolactinémie peut être due à:
•    Un adénome à prolactine, tumeur  non cancéreuse de l’hypophyse;
•    Des médicaments: Œstrogènes, antidépresseurs tricycliques et inhibiteurs de la dopamine tels que certains tranquillisants, certains médicaments de l'hypertension et certains médicaments qui sont utilisés pour traiter le reflux gastro-oesophagien;
•    Une hypothyroïdie;
•    Une maladie hypothalamique;
•    L'anorexie mentale;
•    Certaines maladies du rein;
•    La stimulation du mamelon prolongeant la lactation (petite augmentation);
•    Le syndrome d’ovaire polykystique.

Une concentration abaissée de la prolactine peut être indicative d'un hypopituitarisme (altération de la production des hormones de l'hypophyse).
Une diminution de la concentration de prolactine peut aussi être due à certains médicaments (dopamine, lévodopa et dérivés de l’ergot de seigle).
 

Compléments d’information 

Les situations de stress, la maladie, les traumatismes et même la crainte d'avoir une prise de sang peuvent provoquer des augmentations modérées de la sécrétion de prolactine.

Les adénomes à prolactine sont souvent petits. Après la mise en évidence d’une hyperprolactinémie, une imagerie par résonance magnétique (IRM) du cerveau peut être prescrite pour visualiser une tumeur de l'hypophyse et, si elle est mise en évidence, mesurer sa taille ainsi que celle de l'hypophyse (qui est souvent agrandie).

Questions fréquentes

Quels autres examens peuvent être réalisés pour évaluer les circonstances d’une hyperprolactinémie ?
 

Le dosage de la testostérone (dont la concentration sanguine peut être diminuée chez l’homme lorsque la prolactine est élevée), de FSH et LH (pour évaluer la fertilité), une IMR du cerveau (pour mesurer l'hypophyse et localiser une tumeur) et un examen oculaire (pour évaluer les troubles visuels) peuvent être nécessaires.


Lors d’une hyperprolactinémie, pourquoi évaluer la fonction de la  thyroïde ?

L’hyperprolactinémie est souvent observée en cas d’hypothyroïdie. Si une hyperprolactinémie est mise en évidence, la recherche d’une hypothyroïdie associée est possible.


Comment les adénomes à prolactine sont-ils traités ?

Les adénomes à prolactine sont habituellement traités par des médicaments qui agissent comme la dopamine (bromocriptine ou cabergoline). Le traitement peut normaliser la prolactine et les symptômes et restaurer la fertilité après plusieurs mois ou années. Un traitement chirurgical est parfois nécessaire lorsque l’adénome est de grande taille ou en l’absence de réponse au traitement. Cette chirurgie est délicate et nécessite un neurochirurgien expérimenté. La récidive est possible.